L'Azimuth T8
au Panama

Après un premier séjour en 2010 qui nous a permis de mesurer le potentiel de l’endroit, le séjour 2011 nous a vus mieux préparés, tant physiquement que du point de vue du matériel.
En complément de l’Azimuth120, j’ai utilisé un Azimuth T8 115 nouvelle mouture, afin de me faire ma propre opinion sur les solutions techniques mises en place par Grégoire suite à l’analyse des premiers retours d’expérience. Précédemment j’avais pêché avec un T8 130 mais si la précision était au rendez vous (j’ai chassé des dentis avec) le recul m’a gêné.
Tout d’abord j’ai pu vérifier le travail de mise au point remarquable de Grégoire. Malgré une masse accrue (d’où le surnom de « bûche »), le T8 nouvelle mouture est plus facile à bouger latéralement que son prédécesseur (et même que l’Azimuth classique) et globalement plus facile à manier. A la coulée on le plaque le long du corps. Sa forme arrondie le rend très facile à faire pivoter sur son axe et en conséquence le déploiement à la fin de la coulée, que ce soit pour un tir en pleine eau ou un agachon, est des plus aisés et des plus rapides. Tout cela est facilité la longueur réduite du fusil (115, tête compacte) qui fût adéquate en raison de la visibilité souvent moyenne des eaux du Panama.

J’ai testé deux configurations : Moulinet/ harpon double ardillon, et pointe détachable/breakaway. Le premier montage a été sélectionné pour traquer la grosse carpe. Le moulinet XL aurait été en théorie préférable mais le fond n’étant pas trop important, ce n’était pas vital. Le choix de la double ardillon était d’une part pour mieux pénétrer dans le poisson que la pointe détachable, d’autre part pour gêner la grosse carpe dans sa nage et surtout limiter le risque d’enragage. Succès stratégique avec plusieurs carpes dont une de 21kg tirée à près de 4m du fusil. Cette dernière n’aurait pu être traversée par un Azimuth 120 et l’impact de la 8mm m’a permis de l’empêcher de quitter le plateau rocheux et sonder sur une paroi pleine de failles, avec du courant et une visibilité réduite par une couche d’eau opaque en surface !

Avec le Breakaway et la pointe détachable je n’étais pas très à l’aise pour la carpe, mais plutôt monté pour du pélagique. Une coulée profonde au flasher m’a permis de croiser la route de deux grosses sérioles seriola rivoliana d’environ 35 kilos chacune. Le tir derrière la tête a été quasi mortel. La sériole n’est pas tombée, mais elle n’a pas vraiment bougé non plus. Après 5mn de statu quo en surface, le grand poisson a fini par monter tout seul, sonné.

Enfin, sur une dérive dans une zone rocheuse de profondeur moyenne mais avec une visibilité médiocre, je repère un groupe de carpes et ce que je pense être une loche, en fait une très grosse carpe. Je me ventile et me repositionne en surface, espérant retomber sur le coin. Je coule et me trouve brutalement à quelques mètres d’un petit banc de grosses carpes, près de la roche. La très grosse tourne, ça ne sera pas bon. Mais une autre bien costaud passe sous moi. Je me tends vers le fond et lâche le tir d’instinct, espérant que ça traverse ! La bataille fût rude, j’ai tout donné pour empêcher le poisson de rejoindre le fond. Alex doublera la carpe mais qui est bien prise. Le monstre pesait 27 kilos et n’aurait certainement pas pu être tiré à l’Azimuth 120, du fait de la distance de tir mais aussi du fait que la défense du poisson aurait été totalement différente.
Morale à ce stade. La « bûche » avoine sérieusement, sans vous blesser et avec une maniabilité exceptionnelle. Donc si vous cherchez essentiellement le gros poisson, le T8 doit devenir votre arme, et pas seulement pour son look d’enfer.

Prochaine chronique en Indonésie au pays du gros thon dent de chien et de la carangue géante, avec un Azimuth 125 T8.

PS. Pedro nous a scotchés en prenant son record de carpe rouge 2 mois plus tard, 27kg aussi, à la Pal110 et Trygons de 6,75mm mais en pleine eau. Voici un garçon qui n’a pas froid aux yeux.

Angelo Germidis

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